Armes de (grand) luxe.

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Armes de (grand) luxe.

Message par LEICACECILIA le Sam 27 Fév - 10:50

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La fine gâchette de Purdey


Publié le 17/07/2008 à 00:07 | Modifié le 17/07/2008 à 00:07 Le Point




  • L'armurier londonien Purdey est au fusil ce que les collections haute couture de Chanel sont à la mode. Considéré par les connaisseurs comme l'un des derniers bastions du traditionnel chic British , le fabricant de fusils apparaît comme un véritable symbole : celui d'un art de vivre, supposé ou réel, associé à l'establishment britannique et inscrit dans la mémoire collective du pays.


La compagnie, créée à l'origine en 1814 par James Purdey, doit surtout son expansion à son fils, James le Jeune, un perfectionniste particulièrement inventif qui l'a reprise en 1858 pour en faire le nec plus ultra de la gâchette, maintenant une longueur d'avance sur la concurrence à coups de brevets, tout en donnant à ses fusils un souci du détail qui en a fait dès le début de véritables objets d'art. Vendue en 1947 à la famille Seely, l'entreprise a été rachetée en 1994 par le groupe de luxe Richemont (Cartier, Van Cleef & Arpels, Montblanc...) mais garde un air de famille : Richard Purdey, le sixième descendant de James, est ainsi demeuré jusqu'à il y a deux ans à la tête du conseil d'administration de la compagnie, tandis que Nigel Beaumont, un cousin des Seely, reste à la présidence. Entre 1850 et 1914, il y avait plus de deux cents fabricants de fusils artisanaux dans la seule ville de Londres. Aujourd'hui, seuls Purdey et ses deux principaux concurrents, Boss & Co et Holland & Holland, ont survécu.
L'histoire de Purdey est partout présente à Audley House, son QG depuis 1881, au coeur du quartier de Mayfair-fief historique de l'aristocratie aujourd'hui envahi par les fonds d'investissement. La Long Room , qui abrite les conseils d'administration de la compagnie et fait office de salle d'exposition visitée par les touristes, témoigne de son riche héritage, avec ses boiseries précieuses et ses douzaines de portraits d'anciens et nobles clients, incluant les anciens rois de Norvège, de Bulgarie, du Portugal, de Prusse, de Belgique, d'Espagne, de Danemark, et bien sûr d'Angleterre. Dès 1838, le portrait de la reine Victoria figurait dans la salle. En 1868, elle a même octroyé un Royal Warrant, autorisation officielle que détient un commerçant de vendre à la famille royale. La compagnie en dispose encore aujourd'hui. Et pour cause, la reine Elisabeth II, son mari le duc d'Edimbourg et leur fils le prince Charles demeurent de fidèles clients.
Derrière ce vernis aristocratique, la compagnie doit désormais sa croissance à un type de clientèle assez différente. Phénomène qui n'a d'ailleurs rien de nouveau, si l'on considère que ses fans, dans le passé, ont inclu le baron Haussmann, le scientifique Charles Darwin, les dirigeants soviétiques Brejnev et Khrouchtchev, le général Franco et le musicien Bing Crosby. Composés à 60 % d'Américains dans les années 80 et 90 (une proportion passée à 20 % avec la chute du dollar), les acheteurs aujourd'hui sont en majorité de riches Londoniens de nationalités variées, souvent européens, ayant fait fortune dans la finance et désireux de s'offrir la crème de la crème dans tous les domaines. « Environ 50 % de nos clients actuels sont des nouveaux venus, qui travaillent à la City et décident de se mettre au ball-trap et à la chasse », explique Nigel Beaumont. La compagnie semble d'ailleurs bénéficier d'un regain d'intérêt pour le tir, pratiqué par un nombre croissant de célébrités, comme Madonna. « Apparemment, le tir au fusil est le nouveau golf », plaisante ainsi Nigel Beaumont.
Petit bémol, cependant, les clients russes, qui font le bonheur des bijoutiers et maisons de prêt-à-porter de luxe de Bond Street, l'avenue Montaigne londonienne, demeurent encore rares. Ils sont déroutés par des listes d'attente qui contrarient leur besoin de gratification immédiate.
Il est vrai que les fusils Purdey nécessitent 500 heures d'ouvrage au minimum, soit environ quatre mois de travail, et jusqu'à quatre ans pour les plus sophistiqués. Si la compagnie vend ainsi dans sa boutique quelques armes « prêtes à l'emploi », la très grande majorité de sa production est constituée de sur-mesure. Après avoir passé commande, le client est jaugé et testé lors d'une séance à l'école de tir de West London, près de Heathrow, où un spécialiste prend à l'aide d'un fusil d'essai modulable toutes les mesures nécessaires à la création d'une arme parfaitement adaptée à ses besoins, en fonction de la longueur de son bras, du fait qu'il est droitier ou gaucher et de son centre de vision.
20 000 pièces en deux siècles
. Comme dans le cas des meilleurs grands crus, la valeur de l'objet est d'ailleurs évidemment aussi dans sa rareté : en près de deux siècles d'existence, Purdey a ainsi produit moins de 20 000 pièces. Au niveau mondial, seules quelque 300 à 400 armes « uniques » sont produites chaque année, pour une grande part à Londres ou à Brescia, en Italie. Sur cette petite production, environ 75 fusils sont fabriqués par Purdey, dont la clientèle est formée d'une cinquantaine de personnes (pour l'essentiel des hommes), parmi lesquels 15 % de collectionneurs qui ne s'en servent jamais. Les premiers prix se situent à environ 75 000 euros pour un fusil et à 123 000 euros pour une carabine à double barillet, auxquels il faut ajouter le prix de la gravure du canon. Celle-ci peut être faite par l'un des trois graveurs employés à l'atelier de Hammersmith, ou par des artisans extérieurs, dont la popularité s'est accrue ces vingt dernières années. Une gravure sur or créée par le plus célèbre d'entre eux, Ken Hunt, aujourd'hui artisan indépendant mais formé chez Purdey dans les années 50, coûte à elle seule jusqu'à 75 000 euros. Les scènes animalières demeurent les gravures les plus populaires, même si certains n'hésitent pas à commander leur portrait, celui d'un membre de leur famille, de leur chien, de leur maison.
Canonniers, basculeurs, platineurs, graveurs et finisseurs... L'atelier de Hammersmith, à l'ouest de Londres, emploie une quarantaine des 65 salariés de la compagnie, la plupart artisans d'un autre âge. Les sculpteurs taillent des crosses dans un noyer précieux, jadis importé de Dordogne, puis du Kurdistan, et aujourd'hui d'Arménie, d'Irak et d'Iran. « Les armes fabriquées ici constituent les plus recherchées, Londres étant aujourd'hui devenue la seule vraie capitale de l'armurerie de luxe dans le monde, explique Hubert Castagne, un crossier formé aux écoles d'armurerie de Liège et Saint-Etienne, qui travaille depuis onze ans chez Purdey. Contrairement à la mécanique de Holland & Holland, notre principal concurrent, Purdey dispose d'un système de fabrication unique, pratiquement inchangé depuis 1880, ce qui rend ses armes particulièrement précieuses. »
Capitalisant sur son image hyperexclusive, la marque tire des profits croissants (30 % aujourd'hui) de la vente de vêtements, accessoires et objets pour la maison, censés représenter un art de vivre associé à la gentry. Bien sûr, tout cela n'est pas à la portée de toutes les bourses : une paire de boutons de manchette en émail et cristal à motif animalier se vend ainsi 5 250 euros, un verre décoré d'une gravure de chien, 280 euros, et une surveste imperméabilisée, 375 euros... Autant d'objets qui offrent en réalité un peu de cette Angleterre particulièrement populaire auprès des étrangers en quête du look « gentleman farmer ». Les mythes ont la vie dure.

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Re: Armes de (grand) luxe.

Message par Invité le Sam 27 Fév - 16:45

Pièces extrêmement rares et fantastiques, le prix est malheureusement en rapport et comme tu dis 20.000 pièces mais ce n'est que pour un certain monde. Cette crosse est une pure merveille. Le veinage est très raffiné, fin et fait avec beaucoup de goût.

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Re: Armes de (grand) luxe.

Message par LEICACECILIA le Sam 27 Fév - 18:02

Oui, un bois splendide !
On dirait presque de la loupe ou de la ronce.

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Re: Armes de (grand) luxe.

Message par Invité le Sam 27 Fév - 22:21

Ronce de noyer sélectionnée 5*.

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Re: Armes de (grand) luxe.

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